World Vision Sénégal au cœur de la Journée Internationale de « tolérance Zéro » contre les mutilations génitales féminines (MGF)

Au Sénégal, les Mutilations Génitales Féminines (MGF) font partie intégrante des pratiques culturelles de beaucoup de communautés, notamment celles du Nord, du Sud et de l’Est du pays, où les prévalences les plus élevées de femmes ayant déclaré avoir été excisées sont notées. L’ethnie et la religion restent les deux facteurs fondamentaux qui déterminent la pratique de l’excision.

Aujourd’hui encore cette pratique persiste au Sénégal avec 25% de femmes âgées entre 15 et 49 ans excisées. La prévalence dans les régions de Kédougou, Matam, Sédhiou et Tambacounda est respectivement de 92%, 87%, 86% et 85%.

L’excision, une menace pour la santé et le bien être des femmes et des filles

Les mutilations génitales féminines se présentent sous différentes formes  et   sont néfastes à bien des égards aux filles et aux femmes. Les complications immédiates peuvent être une douleur violente, un état de choc, une hémorragie, le tétanos ou une septicémie, la rétention d’urine. Il existe également des conséquences physiques et psychologiques sur le long terme à savoir : des infections récurrentes de la vessie et des voies urinaires, des kystes, la stérilité, un risque accru de complications lors de l’accouchement et de décès des nouveau-nés, la nécessité de pratiquer ultérieurement de nouvelles opérations chirurgicales.

Bita Sabaly, matrone au poste de santé de Kandia et Phélix Diouf Médecin chef du district de Vélingara en témoignent, «les femmes excisées sont souvent victimes de toutes sortes d’infections gynécologiques, dont certaines graves, comme les fistules, qui pourront même les marginaliser dans leur communauté»

«Maintenant, nous ne voulons plus que les filles soient excisées »

Témoignage de Kadiatou, 15 ans, Sénégal

«Grâce à World Vision Sénégal et à l’ONG Grand Mother Project, qui travaillent avec nos grands-mères, nous avons écouté des contes, joué aux devinettes et à des jeux traditionnels avec les filles de mon village pour mieux connaitre notre culture et les dangers de l’excision. L’infirmière nous a expliqué les conséquences négatives de cette pratique sur la santé. Maintenant, nous ne voulons plus que les filles soient excisées, nous savons que c’est dangereux pour notre santé.»

«Au Sénégal, où vit Kadiatou, les MGF font partie des traditions culturelles de nombreuses communautés, notamment au nord, au sud et à l’est du pays 25% de femmes sénégalaises sont excisées (13% des filles de 0-14 ans) et la très grande majorité (88%) l’a été avant l’âge de 5 ans. L’approche de World Vision Sénégal pour lutter contre ces pratiques est globale. Elle a pour objectif d’amener les communautés à prendre conscience des conséquences négatives des MGF et à décider d’en abandonner la pratique. Elle consiste à sensibiliser les populations, impliquer les leaders religieux et favoriser la participation des jeunes et des ainés via un dialogue intergénérationnel» témoigne Boubacar Fofana, Coordinateur du projet « Protection des enfants » de World Vision Sénégal.

L’approche dialogue communautaire de World Vision Sénégal

World Vision a tissé des liens étroits avec les communautés pour les sensibiliser et promouvoir un dialogue continu entre les différentes couches sur les conséquences néfastes de cette pratique culturelle. Un travail de fond est réalisé  avec des partenaires clé et leaders d’opinions : des Comités d’Alerte, de Veille et d’Ecoute ont été créés, des réseaux d’Imams sont mobilisés, des infirmières chef de poste se sont engagées, et les enfants eux-mêmes sont régulièrement impliqués pour développer leurs connaissances, favoriser leur participation et leur protection.  De ce fait World Vision Sénégal et l’artiste Sister Fa mènent depuis 2013 une série d’actions pour la promotion des droits et de la participation de l’enfant, dans le cadre du projet  ‘l’Art au service de la protection de l’enfant’. Dans ce cadre, Sister Fa dit ceci «ma mère m’a excisé pour me prouver qu’elle m’aime, je me bats aujourd’hui pour juste prouver au monde entier qu’elle s’est juste trompé comme des milliers de mères.».

L’approche consiste  non pas à remettre en cause une pratique culturelle quelconque, mais à amener les communautés à prendre conscience des conséquences négatives que certaines pratiques néfastes comme l’excision entrainent.

Avec l’approche dialogue communautaire expérimentée à Vélingara, World Vision a montré que le changement est possible si l’on crée un climat favorable à l’écoute et à la valorisation d’autres pratiques culturelles.

Le travail de World Vision au Sénégal

World Vision Sénégal a pour objectif d’améliorer le bien-être de 8 millions d’enfants d’ici 2021. La lutte contre les mutilations génitales féminines est une étape essentielle pour protéger davantage les enfants sénégalais et améliorer les conditions de vie de beaucoup d’entre eux. World Vision travaille quotidiennement pour la promotion d’un développement transformationnel durable des communautés vulnérables au Sénégal notamment dans les secteurs de la santé, de l’eau et de l’assainissement et du développement économique.

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